24 septembre 2007
Labocity, SAISON 2
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05 septembre 2007
Labocity, labo... story !!
Retrouve dès maintenant tous les épisodes de labocity en fichier téléchargeable ici
04 septembre 2007
Episode 20, par Sam, Pia, Birol, Max, Salopard et Kami - "Epilogue"
Sam :
Le bout du tunnel.
L'homme traqué a fait face à ses poursuivants. Situation imprévisible, faible chance de survie.
Équipe Echo en place,Vidal et Sorenson attendent instructions.
Observation des cibles : Analyse morphologique du sujet tenant l'otage. A...Arthus.
Je rugis à l'intérieur. Ma conscience se débat pour remonter à la surface. Depuis combien de temps suis-je prisonnier de ce corps ? Les implants me brûlent, je ne sens pas la moitié de mon corps. Ils ont osé me faire ça ! Je ne devrais plus être vivant. Combien de temps ai-je passé, inconscient, enfermé dans cet immonde assemblage ? Mi homme, mi machine, ni vivant ni mort, je ne suis plus qu'une âme en sursis. La transformation d'individus en cobayes humains; n'est-ce pas une des raisons qui poussait la REALIH à combattre le Laborat ? Comment en sont-ils arrivés à utiliser les mêmes méthodes que leur ennemi ?
Tirs multiples en provenance des cibles.
Situation dégénérant rapidement.
Je pousse un cri de rage que personne n'entend. Ma voix est à l'intérieur. Il me faut agir. Qui sait combien de temps ma conscience pourra tenir face à leur programmation ?
Je me retourne vers "mes hommes".
Ma haine presse la détente de mon arme : mon MS 18-K crache la mort à 15 coups/seconde, et Sorenson et Vidal tombent, pantins désarticulés au service d'une humanité en chute libre.
Je pose à peine un regard sur leurs cadavres fumants; je connais l'issue.
Je détache une grenade de ma ceinture, et à genoux murmure : "Un de moins."
D'un dernier geste, aveugle à ce qui m'entoure, je fracasse la grenade dégoupillée contre ma poitrine.
Pia :
Ils étaient morts à cause de moi.
Les deux personnes qui m’étaient les plus chères avaient été exécutées, endossant mes faiblesses. Qu’allais-je bien pouvoir faire dans cette société inhumaine sans eux ? Sans Arthus et Kami, ma vie n’aurait plus jamais de saveur, de joie. Il me fallait en finir avec ce corps sans âme une bonne fois pour toutes et soulager le monde de son existence.
De la main gauche, je soutenais le corps blafard et lourd de Kami. De l’autre, l’arme de Birol scintillait et m’appelait. Elle ne contenait qu’une seule balle. La délivrance était proche. D’un geste lent et inéluctable, je me relevai en dirigeant l’arme vers ma poitrine. Je pris une longue inspiration et sentis soudain mon corps se nouer. Je fermai les yeux.
"Tu ne crois pas qu’il y a déjà eu assez de sang versé dans cette monstrueuse histoire ? Pia, pose cette arme. Il y a toujours de la lumière au bout du tunnel." C’était Birol. Il m’étreignait fermement pour m’empêcher de tirer, pour m’interdire la Liberté. Je me débattais, je gémissais comme un animal aliéné, il me tenait si fort. Je devais pourtant agir au plus vite. Je repris mes esprits et me concentrai à nouveau, dernier acte de lucidité avant la fin.
La balle partit. Birol la reçut dans l’abdomen. Tout était fini.
Birol :
Il l’étreignait. Elle se débattait.
Puis : bruit étouffé.
Il ne lui voulait pourtant aucun mal. Jamais il ne lui en aurait fait.
Birol sentit d’abord comme une brûlure caresser ses entrailles.
Il essuya délicatement les larmes qui perlaient et s’amoncelaient sous les yeux de Pia.
Râle. Puis une violente douleur le saisit à l’abdomen.
Cependant il souria comme pour la rassurer.
Elle tremblait. Il la prit entre ses bras et susurra :
"Restons ce que nous avons toujours été Pia : des gens libres. C'est devenu suffisamment rare pour qu'on s'accroche ne serait-ce qu'à l'idée...
Souffle coupé.
Gerbe de sang.
- ...tâchons à présent d’entrer dans la mort les yeux ouverts..." acheva-t-il.
Il l’embrassa.
Râle. Spasme.
Lentement (si lentement que Birol se rendit compte de cette durée inhabituelle où son corps flotte, tiraillé (telle une nuée de membres fantômes) par les effluves du monde qu’il laisse) lentement donc Birol sombra.
Douleur s’estompa.
Temps s’arrêta.
Silence.
Et, c’est aussi loin que l’on puisse aller dans la mort de Birol.
Max :
Max les voyait tomber un à un... les gens qu’il appréciait et qui était son quotidien depuis plus d’un an...c’est bien plus qu’un enfant de 10 ans peut supporter... quand il vit Birol touché, il s’enfuit... Kami était morte maintenant...plus rien ne comptait... en larmes, il courut, courut jusqu’à se retrouver au labo 12... c’était le seul endroit qu’il connaissait... il paniquait, il ne savait pas quoi faire d’autre... il arriva dans sa chambre et décida de tout raconter à Suzanne... il n’eut pas de signal pendant quelques minutes et au bout d’un moment Suzanne répondit....” tu devrais soigner ton arcade sourcillière”. Comment pouvait-elle voir ça? Il avait perdu la caméra. Il tourna la tête pour voir s’il n’y avait pas une caméra installée dans sa chambre. Il alla se regarder dans le miroir à côté de la porte. Effectivement, il avait le sourcil en sang... ce maudit tic !! il faudrait qu’il arrête de se gratter le sourcil un jour. Il essuya le sang qui coulait et alors qu’il allait retourner à l’ordinateur, il perçut un point qui brillait dans le sourcil. Son sang se glaça. Il regarda de plus près, il écarta légèrement la chair et recula violement!!
Il y avait une puce sous son sourcil...
Il resta hébété pendant un long moment.
Un téléphone sonna, machinalement, sous le choc sans doute, Max alla décrocher... un voix lui parla... “Maman? ”....
Salopard :
Ca fait plusieurs jours que je suis seul, et aujourd’hui, Pia débarque dans l'appartement en criant "Minou ! T'es où Minou??" Aaaahhh mais qu'est ce qu'elle fait là ??! Je ne l’ai pas vue depuis plusieurs mois et elle m'a toujours fait peur avec ses gros yeux, j'ai l'impression qu'elle veut me dévorer quand elle me regarde. Après quelques secondes, je décide quand même de sortir de ma cachette parce que j'en ai marre de cette situation… J'ai à peine le temps de réagir que je me retrouve dans une boite, et qu’elle m’emmène avec elle…
Kami :
D’abord un son lointain. Venu du néant, un bruit de machine qui se précise dans ma tête. Peu à peu, je prends conscience de mon corps. Je suis allongée. Quelques secondes passent. Ou bien plusieurs minutes. Mon esprit divague, des ondes froides miroitant derrière mes paupières. J’esquisse un mouvement. Une douleur sourde me cloue sur place. Mon épaule. Un flash. Je titube au milieu des autres, incapable de réagir. Ils braquent leurs armes les uns vers les autres. Arthus tire. Je pousse un gémissement. Porte la main gauche à la blessure, juste au dessous de la clavicule. Le bandage est propre, pansé avec précision en une ellipse qui court de l’aisselle à l’épaule. J’ouvre les yeux doucement. La lumière est éblouissante. Une aiguille fichée dans la peau de ma main droite me relie par un fin tuyau en plastique à un pied à perfusion. La pièce, circulaire, blanche, est vide à l’exception du lit, du pied à perfusion et de la machine qui compte les battements de mon coeur. Je constate que je suis vêtue d’une chemise de nuit blanche. Je me lève avec précaution, enlève délicatement l’aiguille. Remarque une porte. M’en approche, l’ouvre.
Dehors. Une forêt. Aussi obscure que la pièce était lumineuse. Des oiseaux, partout. Fauvettes, pinsons, pic-verts. Mésanges, grives, chouettes. Je prends une longue goulée d’air, saturé de l’odeur de la terre, empli du vert parfum des feuilles et de la vibration des choses vivantes. J’avais oublié. J’avance à tâtons, les yeux grand ouverts, les pieds nus. Devant moi, une toute petite étoile scintillante point. Elle semble m’appeler à elle. Le sol est mou, caoutchouteux, irréel. On dirait des vagues. J’ai l’impression de flotter. Sur la branche d’un arbre, dans l’ombre, un petit visage sombre me scrute intensément. C’est un chat – mon chat, un moineau mort dans la gueule. Ses yeux verts luisent dans la pénombre. On dirait qu’il me sourit. J’entends mon coeur qui bat dans ma poitrine au rythme du chant de mille oiseaux. Ca fait comme une musique. Elle rentre dans mon crâne et dans mon coeur. Au loin, à mesure que j’avance, la petite lumière brille et grandit. Elle danse.
Je vais vers elle.
